Mosquée Fayçal : Un ministre rossé et les gaz lacrymogènes jusque dans le Temple de Dieu !
On l’avait écrit hier vendredi mais les détails ne sont pas mauvais. Tenez ! La Mosquée Fayçal, sise à Donka, a été le théâtre de violentes empoignades entre agents de sécurité et milliers de jeunes manifestants venus récupérer les corps des victimes de la répression dernier. Le bilan est honteux mais non mortel.
Des milliers de personnes se sont rassemblées ce vendredi matin sur l'esplanade de la grande mosquée Fayçal, autour de dizaines de corps de victimes de la répression sanglante de lundi dernier. Tandis que les dépouilles devaient être rendues à leurs familles respectives, de brèves échauffourées ont opposé de jeunes grognards aux forces de l'ordre. Et comment ?
L'identification des corps s'est faite sous haute surveillance policière. Il y avait un très gros dispositif sécuritaire à la mosquée Fayçal, d’un coté et de l’autre, beaucoup de colère dans la foule. Des pleurs pour ceux qui ont pu identifier un corps, surtout des accusations contre la junte. C’est cette cohabitation tendue qui a dérapé à l’heure de la prière.
Des témoins ont rapporté que la prière de vendredi ne s’est pas déroulée dans cette mosquée, hier vendredi, non pas parce qu’il n’y avait pas d’imams qui maîtrisaient la Fatiha ou que la mosquée était fermée comme l’avait fait le ministre Isto Keira au stade, mais parce que des incidents ont éclaté.
Le secrétaire général aux Affaires religieuses, le Dr Koutoubou Moustapha Sanoh, a été pris en partie par les manifestants, à midi. Sans garde à ses cotés, notre officiel a été molesté et hué. Et comme cela ne suffisait pas, on lui a privé de son bonnet. Son boubou aurait été déchiré, d’après des témoins. Il a eu son salut grâce au secours de certaines personnes présentes sur les lieux.
Aux environs de midi, il y avait de l’électricité dans l’air. Des protestataires sont allés jusqu’à dire que la prière de vendredi n’aura pas lieu dans la maison de Dieu ; s’il vous plait. La police accourt pour remettre l’ordre ou le désordre, c’est selon. Alors, des jets de pierre à l’Intifada palestinien pleuvent de partout. Les policiers sont lapidés. Les grognards pénètrent dans le lieu saint ; dixit un témoin des faits.
Le troisième imam de la mosquée Fayçal, un certain Elhadj Mohamed Lamine Sy qui prônait l’apaisement n’a pas été épargné. Son grand boubou en a fait les frais. C’est ainsi que notre brave police nationale serait venue à la charge pour asphyxier ’intérieur de la mosquée de gaz lacrymogène. C’est la fumée noire partout. Débandade, cris de douleur, panique à bord. La prière a été reportée non au Ghana, comme le match Guinée- Burkina, mais dans une autre mosquée de Camayenne. Heureusement que Dieu répond à l’appel de partout où l’implore.
Auteur: Abdoulaye Bah03-10-2009

