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Labé : Le capitaine Moussa Dadis Camara gifle le pompiste de la station !

La semaine écoulée, le chef de la junte militaire, le capitaine Moussa Dadis Camara à la tête d’une forte délégation gouvernementale et soldatesque était à Labé, la troisième capitale régionale du pays, pour deux objectifs : effectuer sa première sortie hors de Conakry depuis sa prise du pouvoir et ensuite défier ses détracteurs politiques. S’il peut se réjouir de la déferlante populaire dont il a bénéficié, il faut signaler certaines gaffes protocolaires.


Après le meeting au stade Saifoulaye Diallo de Labé, le cortège présidentiel se prépare pour le chemin de retour, direction Conakry. Il s’ébranle d’abord vers la préfecture. Là, il fallait se ravitailler en carburant pour son contingent de soldats armés jusqu’aux dents à bord des véhicules, qui vous rappelle les rallye.


Entre 19 heures et 20 heures du soir, membres du gouvernement, horde de journalistes, soldats entrent dans le supermarché de la station à Tinkisso, juste à la préfecture, pour acheter quoi mettre dans le ventre. D’aucuns sortent avec du jus, d’autres avec des chocolats, d’autres encore avec du yaourt. Au dehors, une foule de curieux assistait à la scène et on a même vu le capitaine Pivi acclamé par la foule.

Notre président se poste à la station d’essence pour se ravitailler en carburant. Peut- être effrayé par l’armada militaire, le pompiste ne demande pas quoi mettre dans le réservoir du véhicule présidentiel. Il aurait pompé du gaz oïl, au lieu de l’essence, ou vice versa, selon notre source. Informé, le président, déçu, se serait allé jusqu’à gifler le pompiste, a rapporté beaucoup de témoins. On vide le véhicule et procède à la vidange. Le président était obligé de rallier la villa, pour attendre les entretiens techniques.

La presse qui a eu vent de la nouvelle a appris selon de nombreux témoins que les faits sont vrais, les pompistes avaient d’autres chats à fouetter. Puisque la facture était trop élevée. Et c’est le ministre de l’habitat, Boubacar Barry, en ‘’pompiste’’ ce jour là, qui était chargé de payer le montant. Ils ont pompé, pompé, pompé pour la suite de véhicule de la délégation, au point que les pompistes ont amené notre ministre dans le bureau du coin pour faire le décompte et exiger l’argent sur la table.


Mr. Boubacar Barry sort des lieux avec une mine pale. Les pompistes décident de fermer la station et demandent les journaleux de passer la nuit, parce que le stock est épuisé. Un camion militaire gare et ordonne de pomper l’essence pour eux. Ainsi dit, ainsi fait. Le ministre Boubacar Barry offre 500 mille à 45 journalistes pour le manger, ils ont acheté du carburant.

Dans cette ambition populaire, un peu le général Sékouba Konaté, Fodéba Isto Keira, Tibou Kamara étaient en train de chahuter à coté. Mais il y avait un impressionnant dispositif sécuritaire à leur chevet.

Les journalistes ont quitté Labé tard la nuit, direction Conakry, avec la fatigue et la faim. En cours de route, ils ont décidé d’aller se plaindre de leur mésaventure à la présidence. Parce qu’ils n’ont été ni logés, ni servis en manger. A la présidence, ils n’ont pas croisé le chef de l’Etat, rendez vous est donné le lendemain, c’était le lundi noir des journalistes, plus d’une vingtaine de confrères bastonnés, molestés, menacés de morts ou dépossédés de leurs biens.


Auteur: Bah Abdoulaye