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Economie et Politique : La France soutient une "force de paix africaine" et exige que "les responsables des tueries répondent de leurs actes"...

© "La France salue la désignation par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) du président Compaoré en qualité de facilitateur d’une solution de sortie de crise en Guinée", introduit le communiqué du ministère de Affaires étrangères publié ce lundi 5 octobre, rendant hommage, de passage, l'engagement du président bourkinabè pour ses médiations en Afrique.

"La France soutient toutes les initiatives politiques allant dans ce sens. Il en est de même de celle visant au déploiement d’une force de paix africaine, susceptible de conduire à un règlement rapide, pacifique et durable de la crise que traverse actuellement la Guinée", ajoute le communiqué rejoignant ainsi l'une des propositions des responsables des forces vives de Guinée dont les leaders sont aujourd'hui inquiets pour leur sécurité.

Autre convergence de vue avec les forces vives et la communauté internationale, la France "encourage la CEDEAO, l’Union africaine et la Commission des Nations unies pour les droits de l’Homme, à constituer sans délai une commission d’enquête internationale afin que les responsabilités dans le massacre du 28 septembre puissent être établies de manière incontestable. Comme nous l’avons déjà indiqué, les responsables des tueries devront répondre de leurs actes. Dans ce contexte, Bernard Kouchner a rappelé hier qu’il n’était plus désormais possible de travailler avec Dadis Camara". Le message est on ne peut plus clair : mettre hors d'état de nuir tous ceux qui distribuent les humiliations, les viols, la terreur et la mort aux paisibles populations Guinéennes dont le seul crime aujourd'hui est de croire en la sincérité d'un putschiste qui a pour stratégie de se faire aimer parce que craint !

Considérée pendant le régime précédent comme le principal soutien à la dictature du feu président, la France semble réviser sa position et désormais opter pour les valeurs universelles de démocratie et du respect des droits de l'homme pour aider le peuple martyrisé de Guinée à vivre dans un pays où la terreur laisse la place au débat civilisé, la libre expression des opinions et des convictions sans craindre de rencontrer la mort à chaque fois que l'on met le pied dehors ou que l'on avance une opinion différente de celle des gouvernants.


"La France exige la garantie effective des libertés publiques, en particulier la liberté d’expression et de manifestation. Elle demande la libération immédiate et sans condition de tous les manifestants encore détenus par la junte", conclut le communiqué qui donne ainsi la position de la France dans les démarche de règlement de cette crise.

Est-il besoin de rappeler que plusieurs journalistes locaux dont les et des correspondants des médias étrangers dont ceux de la BBC, de l'AFP et de RFI à Conakry sont toujours dans la clandestinité, craignant pour leurs vies menacées par les hommes armés de la junte au pouvoir.

Des dizaines de familles continuent de pleurer et appellent à l'aide internationale pour les préserver de revivre les dégradantes scènes d'humiliations, tortures, viols publics et les tueries dont les leurs ont été victimes de la part de la garde rapprochée du chef de la junte guinéenne. D'autres sont encore sans nouvelle de leurs parents, emprisonnés ou déjà tués par la junte qui auraient dissimulé plusieurs corps.

En disant hier devant les journalistes qu'il n'a pas à répondre à un ministre des Affaires étrangères (alors qu'on lui annonçait la position de la France exprimée par Kouchner qu'il n'était plus "question de dialoguer avec Dadis Camara"), le chef de la junte guinéenne a montré non seulement son ignorance de la conduite des affaires dans un Etat normal (puisque Sarkozy ne peut se proncer sur la Guinée sans consulter son ministre des AE qui tient le dossier et qui lui propose son discours); mais surtout, Dadis Camara a laissé comprendre qu'il était loin de connaître cet homme de conviction et défenseur des valeurs humanitaires et des droits de l'homme.

Médecin et humanitaire, Bernard Kouchner (né en 1939) s'est surtout rendu célébre par son militantisme humanitaire et du droit d'inégrence. Ce qui ne pourrait que compliquer la situation du dictateur guinéen contesté à la fois par ses compatriotes, les promoteurs des droits de l'homme, du respect de la dignité humaine et tous les être sensibles aux humiliations, tortures, viols publics et massacre des citoyens sans armes... Cofondateur de "Médecins sans frontières" et de "Médecins du monde", cet homme politique français a été haut représentant du secrétaire général de l'ONU au Kosovo et plusieurs fois ministre, des gouvernements de gauche et de droite, notamment les gouvernements de Michel Rocard, Pierre Bérégovoy, Edith Cresson, Lionel Jospin avant sa nomination, le 18 mai 2007, ministre des Affaires étrangères et européennes, dans le gouvernement de François Fillon, poste qu'il occupe jusqu'au moment où nous écrivons ces lignes.


Aux lendemains du coup d'état consécutif à la mort du général Lansana Conté, la France semblait accompagner la junte, sans doute séduite- comme la plus part des intervenants notamment les forces politiques et sociales- par les discours flatteurs et promoteurs de la junte, contrairement aux États unis qui ont toujours réclamé le retour à la vie civile et à l'ordre constitutionnel. Avec la paranoïa du chef de la junte qui, au cours des neufs mois de gestion, a multiplié détournements des deniers publics, corruption à grande échelle, humiliations de personnalités et tous les corolaires d'un pouvoir dont l'amateurisme se mesure à la médiocrité des idées et propositions des "ministres" choisis pour la plus part dans le bar du capitaine devenu président, "La Rose" ("Allez ! Garez vite là-bas, le président peut arriver à tout moment", lancent les gestionnaires à tout automobiliste qui s'annonce)... Et, les scènes de violences, viols et tueries du 28 septembre n'ont fait que conforter les vues prémonitoires de ceux, comme Mouctar Daillo (NFD) qui avaient tôt fait de crier à la dictature.

Bref, la concrétisation des communications comme celle-là vont sans doute rassurer, au-delà des leaders d'opinion, les responsables de familles- encore terrés chez eux et se bousculant de peur avec leurs enfants - à sortir de leurs maisons pour chercher le quotidien et continuer à nourrir leurs familles ; et même avoir la liberté de manifester leurs convictions citoyennes et politiques avec la certitude que les tueurs sont hors d'état de nuire et que les droits et la dignité humaine seront désormais respectés en République de Guinée...
Nouhou Baldé , guinéenews.org